CONFINEMENT, ET APRES ?

Chers Amis du Livre,

En cette période de confinement majeur, pendant laquelle nos commerces dits « culturels » sont réduits à l’inactivité contrainte, je vous fais part de la fierté et de la liberté de notre communauté qui a encore foi en l’avenir et qui ne craint pas des lendemains que certains prédisent désastreux ! Je vous livre mot pour mot cet humble témoignage reçu de la part de deux de nos confrères.
« Je suis Sophie de la librairie Et Cætera, compagne de Marc de la librairie des Liserons. Je viens de clôturer mon compte Amazon, c’est presque le plus beau jour de la vie et voulais partager avec vous le récit de cette presqu’aventure :
Il aura fallu un confinement et le cynisme poussé à son maximum de la part de la direction pour que nous sautions le pas et décidions enfin de fermer définitivement notre boutique Amazon…
Mais pourquoi avons-nous décidé un jour d’ouvrir une boutique sur cette plateforme inhumaine ?
Lorsque nous avons démarré la vente de livres en ligne (en 1999), nous n’avions nul besoin d’Amazon, nous vendions sur Chapitre, Galaxidion, Livre-rare-book, Abebooks… Nous parvenions à gagner notre vie.
En 2008, notre activité ne nous permettant plus de dégager un revenu suffisant pour vivre, nous avons repris les marchés, qui, malheureusement, ne rapportaient pas grand-chose non plus… Plusieurs collègues nous ont conseillé de rejoindre Amazon : « On y bosse » disaient-ils… C’est en désespoir de cause, nous avons ouvert un compte ; il y avait les gosses à nourrir, les emprunts à rembourser…
Et oui, « on y bossait » en effet… Damned ! C’était donc là qu’avaient migré une bonne partie de lectrices et lecteurs et nous y avons retrouvé quelques connaissances …
Et voilà, la grosse machine avait trouvé la façon d’embarquer un maximum de personnes dans son entreprise d’algorithmisation du monde…
C’est par « facilité » que nous y sommes restés si longtemps… Mais, si ce n’est un apport financier quasi « garanti », nous n’avons trouvé aucune satisfaction à exercer notre métier sur cette plateforme. Notre degré de souffrance n’est, bien entendu, pas comparable à celui des salariés des entrepôts, mais nous nous sommes trouvés noyés au milieu d’une masse des livres à des prix aberrants (le prix d’un même livre peut varier de 1 centime à, pourquoi pas, 1965,37 €), interdits de communication directe avec nos clients, minutés, évalués, fliqués, incités à être toujours plus compétitifs, mal considérés et menacés de suspension de notre compte à la moindre protestation…
Et que dire du malaise éprouvé à l’idée d’être acteurs de cette catastrophique dérive du monde et de notre propre aliénation ? Et que dire du dépit à l’idée de participer à l’accroissement de la fortune indécente de Jeff Bezos (grosso modo 20% du montant de nos ventes étaient prélevés par amazon)
L’intention de quitter ce navire était là depuis l’origine et nous sommes heureux d’avoir aujourd’hui l’audace de faire ce pas de côté. Même si nous ne savons pas trop où nous allons en nous privant d’un tiers de notre revenu, cette décision nous réjouit… et nous plantons des patates 🙂
Nous invitons chacun et chacune à s’affranchir de ce mode de consommation et, d’une façon générale, à se demander avant tout achat « des personnes ont-elles été maltraitées pour que, moi, je puisse accéder à ce bien de consommation ? »
Aujourd’hui, nous rejoignons deux autres plateformes : https://www.leslibraires.fr/ plateforme indépendante dédiée au livre et rakuten, (grosse usine à gaz française nettement « moins pire » qu’Amazon)
Cela s’ajoute à nos boutiques abebooks (Filiale d’Amazon (eh oui…), mais réservée aux professionnels et permettant le contact entre vendeur et acheteur) et livre-rare-book; livre-rare-book étant le seul site à ne pas prélever de commission sur les ventes, en passant votre commande sur ce site, c’est vous qui bénéficierez d’une remise ».

 

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